PARCO NATIONALE DEL GRAN PARADISO - Italie | ![]() |
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La montagne…cet espace vaste et sauvage …
où l’on est confronté aux éléments forts …
où l’on est tout petit…
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Octobre 2008 - Premiers pas dans ce massif.
Ce fût un réel bonheur d’évoluer dans cette immensité délaissée par les touristes estivaux. Ne restait plus alors que deux motivés chargés comme des mules à parcourir les sentiers du massif. L’automne était bien avancé et il donnait des teintes orangées à la végétation. Le silence de cette immensité était incroyable. Seul le vent et les quelques chocards à bec jaune émettaient des sons qui pouvaient nous rappeler que nous n’étions pas les seuls sur la zone… Quelques jours à passer en compagnie des chamois et des rares bouquetins. Quelques jours de réel bonheur mais aussi d’efforts physiques intenses à crapahuter dans les dénivelés à la recherche de la faune locale.
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Mars 2009 - De retour sur le massif dans des conditions hivernales.
Partant quelques jours, j’étais loin de m’imaginer en mettant mon sac photo sur le dos que j’allais vivre une telle rencontre avec cet oiseau que je n’avais jamais vu… J’étais parti dans le but de faire du bouquetin dans la neige… Finalement j’ai passé ces quelques jours à regarder voler les oiseaux…
11 Mars - 2 000 mètres : - Sud du massif du Grand Paradis.
Je suis à flanc de montagne suivant une piste faite il y a quelques jours par des gens en raquettes. La neige recouvre la quasi-totalité du versant. Le vent glacial arrache aux crêtes des lambeaux de poudreuse. Je suis déjà venu hier sans grande réussite mais j’avais aperçu au sommet deux grands rapaces. Aujourd’hui, je compte monter un peu plus haut pour tenter de mieux les observer. Je quitte la trace de mes prédécesseurs pour prendre un peu d’altitude. La progression difficile et une petite frayeur me font renoncer à continuer mon ascension. Je m’installe donc en espérant revoir ces rapaces de la veille. Il ne m’a pas fallu attendre longtemps pour que l’un d’eux passe à quelques dizaines de mètres de moi. Incroyable oiseau au plumage magnifique… Le gypaète ! Cette fois c’est un adulte…
Hier, c’était deux jeunes que j’avais pu apercevoir loin vers le sommet. Cette rencontre me motive à rester ici la journée entière. Assis sur mon petit rocher au milieu de cette pente enneigée de laquelle quelques touffes herbeuses émergent, débute une attente indéterminée… Le vent souffle fort et les couches de vêtements s’accumulent pour empêcher le froid de me faire redescendre. Les grands corbeaux, une dizaine d’individus, jouent avec le vent. On dirait qu’ils dansent. Cela fait une heure seulement que je suis installé lorsqu’un couple d’aigle arrive dans mon dos. Silencieuses, leurs ombres courent sur la neige et s’éloignent vers la vallée.
Le temps passe et cela fait maintenant 4 heures que je lutte contre le froid et l’engourdissement. J’aperçois une silhouette au fond de la vallée… elle est grande, noire. C’est un gypaète, un jeune de la veille sans doute. Les courants ascendants jouent en ma faveur, peut-être passera-t-il à proximité ? Le voilà qui prend de l’altitude. Il est presque à ma hauteur. Au plus il se rapproche, au plus mon cœur s’emballe. Il est maintenant à quelques dizaines de mètres. Je peux entendre le bruit du vent dans son plumage. Son envergure est imposante. Les secondes s’écoulent mais durent plus longtemps qu’à la normale…
Son regard perçant croise mon œil rivé derrière le boîtier ! Intrigué, il s’approche encore un peu et se positionne juste au dessus de moi. Il lutte contre les rafales de vent pour rester dans sa position pendant que je lutte pour garder l’équilibre avec le tromblon à la verticale. Il est maintenant à quelques mètres… Tellement proche qu’il m’est impossible de continuer à photographier.
Je le regarde voltiger encore quelques instants avant qu’il ne poursuive sa route… Il m’a fallu plusieurs minutes pour retrouver mes repères tellement l’émotion de cette rencontre était forte. Certainement une de mes plus intenses rencontres depuis que je traîne dans la nature…
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